Redéfinir le plein air : Comment l’entreprise Colour the Trails ouvre des portes, redéfinit l’accès et façonne une nouvelle vision du plein air au Canada
By: Jennamae Togado
By: Jennamae Togado
Depuis des générations, la nature canadienne est synonyme de liberté : un endroit où chaque personne peut se ressourcer parmi les montagnes, les forêts, les champs couverts de neige et les cours d’eau. Toutefois, de nombreuses personnes au Canada (PANDC, nouveaux arrivants et immigrants) considèrent le plein air comme quelque chose qu’elles peuvent admirer de loin et non un milieu où elles se sentent accueillies.
Ce sentiment n’était pas seulement lié au manque d’équipement ou à l’éloignement géographique, mais aussi au manque de représentation et de familiarité culturelle, aux coûts et aux enjeux de sécurité. Selon cette supposition, renforcée par des décennies de marketing et de médiatisation, le « plein air » était uniquement destiné à un étroit segment de l’identité canadienne.
L’entreprise Colour the Trails est née de ce constat.
Comme l’explique sa fondatrice et PDG, Judith (Judy) Kasiama, tout a commencé par une frustration et une observation claire.
« Colour the Trails est née de ma propre frustration face au manque de représentation dans les médias », explique-t-elle.
Femme noire vivant à Vancouver, elle observait la diversité sur les sentiers près de chez elle, mais pas dans l’image médiatisée qui définit l’identité des amateurs de plein air.
« Avant 2020, il n’y avait pas vraiment de représentation visuelle de la diversité des personnes qui pratiquaient ces activités. Et malheureusement, cela a perpétué le préjugé selon lequel les personnes racisées ne font pas d’activités de plein air. Nous ne sommes tout simplement pas mis de l’avant. »
Cette recherche d’appartenance dans un espace où elle se sentait rarement représentée a motivé la création de son projet : une entreprise nationale, fondée par une femme noire, visant à favoriser l’accès aux activités de plein air pour les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC) et les personnes racisées de la communauté 2ELGBTQIA+. Colour the Trails (CTT) offre une programmation révolutionnaire tout en créant du contenu qui met en valeur des PANDC en nature pour favoriser la représentation. L’entreprise fonde ses efforts sur la joie, l’équité, l’inclusion et la communauté. Elle souhaite opérer un changement durable qui perdure au-delà d’un simple événement ou d’une campagne.
Elle ne veut pas se contenter d’inviter les participants à s’imprégner de la culture existante dans le domaine du plein air. Elle veut changer la culture directement.
Depuis des générations, la nature canadienne est synonyme de liberté : un endroit où chaque personne peut se ressourcer parmi les montagnes, les forêts, les champs couverts de neige et les cours d’eau. Toutefois, de nombreuses personnes au Canada (PANDC, nouveaux arrivants et immigrants) considèrent le plein air comme quelque chose qu’elles peuvent admirer de loin et non un milieu où elles se sentent accueillies.
Ce sentiment n’était pas seulement lié au manque d’équipement ou à l’éloignement géographique, mais aussi au manque de représentation et de familiarité culturelle, aux coûts et aux enjeux de sécurité. Selon cette supposition, renforcée par des décennies de marketing et de médiatisation, le « plein air » était uniquement destiné à un étroit segment de l’identité canadienne.
L’entreprise Colour the Trails est née de ce constat.
Comme l’explique sa fondatrice et PDG, Judith (Judy) Kasiama, tout a commencé par une frustration et une observation claire.
« Colour the Trails est née de ma propre frustration face au manque de représentation dans les médias », explique-t-elle.
Femme noire vivant à Vancouver, elle observait la diversité sur les sentiers près de chez elle, mais pas dans l’image médiatisée qui définit l’identité des amateurs de plein air.
« Avant 2020, il n’y avait pas vraiment de représentation visuelle de la diversité des personnes qui pratiquaient ces activités. Et malheureusement, cela a perpétué le préjugé selon lequel les personnes racisées ne font pas d’activités de plein air. Nous ne sommes tout simplement pas mis de l’avant. »
Cette recherche d’appartenance dans un espace où elle se sentait rarement représentée a motivé la création de son projet : une entreprise nationale, fondée par une femme noire, visant à favoriser l’accès aux activités de plein air pour les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC) et les personnes racisées de la communauté 2ELGBTQIA+. Colour the Trails (CTT) offre une programmation révolutionnaire tout en créant du contenu qui met en valeur des PANDC en nature pour favoriser la représentation. L’entreprise fonde ses efforts sur la joie, l’équité, l’inclusion et la communauté. Elle souhaite opérer un changement durable qui perdure au-delà d’un simple événement ou d’une campagne.
Elle ne veut pas se contenter d’inviter les participants à s’imprégner de la culture existante dans le domaine du plein air. Elle veut changer la culture directement.
Une nouvelle vision du plein air : Baser l’accès sur la communauté, pas sur les préjugés

Pour de nombreux nouveaux arrivants au Canada, la culture du plein air s’accompagne d’attentes tacites. Il faut déjà savoir faire du ski, de la randonnée ou de la planche à pagaie. Il faut déjà posséder l’équipement. Il faut déjà se sentir à l’aise de naviguer des terres où on n’a jamais mis le pied.
Colour the Trails démantèle ces préjugés en créant des points d’entrée où les gens peuvent commencer à apprivoiser le plein air sans jugement. L’entreprise organise des programmes pour se familiariser avec les activités sur terre, sur l’eau et sur la neige, comme la randonnée, le camping, le kayak, la planche à pagaie, le ski alpin et la planche à neige. Elle offre aussi une gamme de certifications de plein air et de parcours de développement des compétences. D’un chapitre à l’autre, l’invitation demeure la même : partir de là où l’on est, poser des questions et apprendre ensemble, en communauté.
CTT comprend clairement les différentes couches d’obstacles qui entravent l’accès. « Nous reconnaissons que l’accès au plein air a toujours été limité pour les PANDC et les communautés qui se trouvent à l’intersection des communautés PANDC et 2ELGBTQIA+ en raison des enjeux liés aux connaissances, aux finances et à la culture », affirme l’entreprise.
Judith Kasiama ajoute une autre dimension qui est souvent omise des discussions sur l’accès. Selon elle, l’obstacle le plus important est la sécurité, tant physique que psychologique : « Beaucoup de gens souhaitent s’adonner au plein air, mais la sécurité reste un enjeu. Les personnes se demandent si elles vont être en sécurité. Pas seulement la sécurité physique, mais aussi psychologique. » Cette peur n’est pas abstraite. Elle peut découler de micro-agressions, de stéréotypes ou de la pression de prendre moins de place pour ne pas déranger.
C’est là que le modèle de CTT prend tout son sens. Les événements sont conçus pour aider les gens à rencontrer de futurs partenaires d’aventure, pas seulement à réaliser une sortie unique. « Lorsque vous faites quelque chose en groupe et que vous présentez une activité aux gens pour la première fois, ils créent une communauté entre eux », explique Judith Kasiama. « Ils trouvent des partenaires de randonnée. Ils comptent les uns sur les autres. Ils savent que leur sécurité psychologique et physique est assurée, car ils sont entourés de gens en qui ils peuvent avoir confiance. »
En 2022 et en 2023, Colour the Trails a élargi sa portée, accueillant des centaines de nouveaux participants dans sa communauté. Cette croissance ne s’est pas limitée à une région ou à une activité. Avec des chapitres à Vancouver, à Calgary, à Edmonton, à Montréal et en Ontario, CTT a bâti une présence nationale tout en restant ancrée dans la programmation et les relations locales.
Le résultat est une expérience de plein air qui ressemble moins à une audition et plus à un moment en famille. Les gens arrivent seuls et repartent avec de nouveaux amis. Comme le dit Judith Kasiama : « Cet espace a été créé en pensant à vous. »
Une nouvelle vision du plein air : Baser l’accès sur la communauté, pas sur les préjugés

Pour de nombreux nouveaux arrivants au Canada, la culture du plein air s’accompagne d’attentes tacites. Il faut déjà savoir faire du ski, de la randonnée ou de la planche à pagaie. Il faut déjà posséder l’équipement. Il faut déjà se sentir à l’aise de naviguer des terres où on n’a jamais mis le pied.
Colour the Trails démantèle ces préjugés en créant des points d’entrée où les gens peuvent commencer à apprivoiser le plein air sans jugement. L’entreprise organise des programmes pour se familiariser avec les activités sur terre, sur l’eau et sur la neige, comme la randonnée, le camping, le kayak, la planche à pagaie, le ski alpin et la planche à neige. Elle offre aussi une gamme de certifications de plein air et de parcours de développement des compétences. D’un chapitre à l’autre, l’invitation demeure la même : partir de là où l’on est, poser des questions et apprendre ensemble, en communauté.
CTT comprend clairement les différentes couches d’obstacles qui entravent l’accès. « Nous reconnaissons que l’accès au plein air a toujours été limité pour les PANDC et les communautés qui se trouvent à l’intersection des communautés PANDC et 2ELGBTQIA+ en raison des enjeux liés aux connaissances, aux finances et à la culture », affirme l’entreprise.
Judith Kasiama ajoute une autre dimension qui est souvent omise des discussions sur l’accès. Selon elle, l’obstacle le plus important est la sécurité, tant physique que psychologique : « Beaucoup de gens souhaitent s’adonner au plein air, mais la sécurité reste un enjeu. Les personnes se demandent si elles vont être en sécurité. Pas seulement la sécurité physique, mais aussi psychologique. » Cette peur n’est pas abstraite. Elle peut découler de micro-agressions, de stéréotypes ou de la pression de prendre moins de place pour ne pas déranger.
C’est là que le modèle de CTT prend tout son sens. Les événements sont conçus pour aider les gens à rencontrer de futurs partenaires d’aventure, pas seulement à réaliser une sortie unique. « Lorsque vous faites quelque chose en groupe et que vous présentez une activité aux gens pour la première fois, ils créent une communauté entre eux », explique Judith Kasiama. « Ils trouvent des partenaires de randonnée. Ils comptent les uns sur les autres. Ils savent que leur sécurité psychologique et physique est assurée, car ils sont entourés de gens en qui ils peuvent avoir confiance. »
En 2022 et en 2023, Colour the Trails a élargi sa portée, accueillant des centaines de nouveaux participants dans sa communauté. Cette croissance ne s’est pas limitée à une région ou à une activité. Avec des chapitres à Vancouver, à Calgary, à Edmonton, à Montréal et en Ontario, CTT a bâti une présence nationale tout en restant ancrée dans la programmation et les relations locales.
Le résultat est une expérience de plein air qui ressemble moins à une audition et plus à un moment en famille. Les gens arrivent seuls et repartent avec de nouveaux amis. Comme le dit Judith Kasiama : « Cet espace a été créé en pensant à vous. »
Appartenance territoriale : Intendance, responsabilité et savoirs autochtones

Colour the Trails comprend que tous les loisirs de plein air au Canada se déroulent sur des terres autochtones. Dans ce contexte, l’appartenance n’est pas une question de droit ou de propriété. Elle se base plutôt sur la responsabilité, l’apprentissage et les relations.
Dans la pratique, cela commence par une reconnaissance territoriale, mais ce n’est pas tout. Les leaders lient leurs discours de reconnaissance à leur vécu et aident les participants à réfléchir aux enjeux de déracinement et de perte culturelle selon les différentes histoires et régions géographiques. Judith Kasiama, qui s’identifie comme réfugiée, parle du conflit et de l’extraction des ressources naturelles au Congo et de la façon dont ces réalités ont influencé son propre exil. Cette expérience l’aide à faire preuve d’une plus grande empathie à l’égard des conséquences de la dépossession terrestre et de l’extraction coloniale au Canada.
« Nous essayons vraiment de dire à notre communauté qu’il est important de se renseigner et de se mobiliser et de soutenir les organismes autochtones qui œuvrent dans ce milieu », explique-t-elle. L’entreprise amplifie d’ailleurs les récits autochtones, collabore avec les groupes lorsque c’est approprié et crée d’occasions d’apprendre directement auprès d’éducateurs, de gardiens des connaissances et d’aînés autochtones. Grâce à des ateliers de préservation et des séances sur les pratiques responsables dans les loisirs, l’entreprise enseigne des façons concrètes de respecter la nature et d’en prendre soin.
Son rapport annuel reflète cette philosophie de relations et de réconciliation dans le cadre de l’accès au plein air. Selon l’entreprise, redéfinir le plein air exige de parcourir la voie de la réconciliation tout en créant des occasions d’emploi pour les communautés PANDC et LGBTQIA+ et en assurant la sécurité psychologique et physique des membres de la communauté.
Pour Colour the Trails, l’appartenance est aussi synonyme de sensibilisation. Elle demande aux participants de voir au-delà des beaux paysages et de prendre pleinement conscience du lieu.
Appartenance territoriale : Intendance, responsabilité et savoirs autochtones

Colour the Trails comprend que tous les loisirs de plein air au Canada se déroulent sur des terres autochtones. Dans ce contexte, l’appartenance n’est pas une question de droit ou de propriété. Elle se base plutôt sur la responsabilité, l’apprentissage et les relations.
Dans la pratique, cela commence par une reconnaissance territoriale, mais ce n’est pas tout. Les leaders lient leurs discours de reconnaissance à leur vécu et aident les participants à réfléchir aux enjeux de déracinement et de perte culturelle selon les différentes histoires et régions géographiques. Judith Kasiama, qui s’identifie comme réfugiée, parle du conflit et de l’extraction des ressources naturelles au Congo et de la façon dont ces réalités ont influencé son propre exil. Cette expérience l’aide à faire preuve d’une plus grande empathie à l’égard des conséquences de la dépossession terrestre et de l’extraction coloniale au Canada.
« Nous essayons vraiment de dire à notre communauté qu’il est important de se renseigner et de se mobiliser et de soutenir les organismes autochtones qui œuvrent dans ce milieu », explique-t-elle. L’entreprise amplifie d’ailleurs les récits autochtones, collabore avec les groupes lorsque c’est approprié et crée d’occasions d’apprendre directement auprès d’éducateurs, de gardiens des connaissances et d’aînés autochtones. Grâce à des ateliers de préservation et des séances sur les pratiques responsables dans les loisirs, l’entreprise enseigne des façons concrètes de respecter la nature et d’en prendre soin.
Son rapport annuel reflète cette philosophie de relations et de réconciliation dans le cadre de l’accès au plein air. Selon l’entreprise, redéfinir le plein air exige de parcourir la voie de la réconciliation tout en créant des occasions d’emploi pour les communautés PANDC et LGBTQIA+ et en assurant la sécurité psychologique et physique des membres de la communauté.
Pour Colour the Trails, l’appartenance est aussi synonyme de sensibilisation. Elle demande aux participants de voir au-delà des beaux paysages et de prendre pleinement conscience du lieu.
L’importance des femmes noires dans les postes de direction

L’industrie du plein air est depuis longtemps confrontée à un manque de représentation au sein des postes de direction. Colour the Trails transforme cette réalité de manière structurelle, et non symbolique.
Judith Kasiama explique sans détour pourquoi cela est important dans le fonctionnement de l’entreprise. « Je n’expérimente le monde qu’en tant que femme noire », dit-elle. « Ma réalité de femme noire me permet d’éprouver de l’empathie face à l’intersectionnalité des autres races et identités. Donc, pour moi, si je défends une cause, je le fais tout le monde. »
Cette approche de leadership influence tout : la façon dont la sécurité est priorisée, la façon dont les programmes sont conçus et la façon dont les occasions de leadership sont attribuées. Elle souligne que CTT n’est pas fondée sur l’ego ou une personnalité unique. « Il s’agit plutôt de savoir comment utiliser cette occasion pour développer le leadership chez d’autres femmes et femmes racisées. »
La structure de l’équipe de l’entreprise reflète cet engagement. L’équipe principale de CTT est constituée des postes de coordination et de direction des chapitres de plusieurs régions, dont Vancouver, Calgary, Edmonton, Montréal et l’Ontario. Cette répartition du leadership aide à s’assurer que la programmation convient aux communautés locales tout en respectant la mission nationale.
Ce système permet également aux participants de devenir des leaders. Judith Kasiama mentionne d’ailleurs plusieurs exemples de participants et de mentorés qui ont accédé à des rôles de leadership. Ces personnes ont notamment renforcé leur confiance en elles, leur capacité de planification et leur autonomie grâce au modèle fondé sur la confiance de CTT. « Ce potentiel a toujours été là! Colour the Trails offre simplement aux gens l’occasion de révéler et de développer leurs compétences en leadership. », explique-t-elle.
L’importance des femmes noires dans les postes de direction

L’industrie du plein air est depuis longtemps confrontée à un manque de représentation au sein des postes de direction. Colour the Trails transforme cette réalité de manière structurelle, et non symbolique.
Judith Kasiama explique sans détour pourquoi cela est important dans le fonctionnement de l’entreprise. « Je n’expérimente le monde qu’en tant que femme noire », dit-elle. « Ma réalité de femme noire me permet d’éprouver de l’empathie face à l’intersectionnalité des autres races et identités. Donc, pour moi, si je défends une cause, je le fais tout le monde. »
Cette approche de leadership influence tout : la façon dont la sécurité est priorisée, la façon dont les programmes sont conçus et la façon dont les occasions de leadership sont attribuées. Elle souligne que CTT n’est pas fondée sur l’ego ou une personnalité unique. « Il s’agit plutôt de savoir comment utiliser cette occasion pour développer le leadership chez d’autres femmes et femmes racisées. »
La structure de l’équipe de l’entreprise reflète cet engagement. L’équipe principale de CTT est constituée des postes de coordination et de direction des chapitres de plusieurs régions, dont Vancouver, Calgary, Edmonton, Montréal et l’Ontario. Cette répartition du leadership aide à s’assurer que la programmation convient aux communautés locales tout en respectant la mission nationale.
Ce système permet également aux participants de devenir des leaders. Judith Kasiama mentionne d’ailleurs plusieurs exemples de participants et de mentorés qui ont accédé à des rôles de leadership. Ces personnes ont notamment renforcé leur confiance en elles, leur capacité de planification et leur autonomie grâce au modèle fondé sur la confiance de CTT. « Ce potentiel a toujours été là! Colour the Trails offre simplement aux gens l’occasion de révéler et de développer leurs compétences en leadership. », explique-t-elle.
Allier profits et communauté : La durabilité comme levier d’émancipation

L’un des aspects les plus mal compris de Colour the Trails est son modèle d’affaires. Beaucoup supposent que les organismes qui servent des communautés marginalisées « devraient » être des organismes sans but lucratif. CTT remet en question cette idée de manière intentionnelle.
« Nous croyons fermement qu’il n’est pas nécessaire d’être un organisme de bienfaisance ou un organisme sans but lucratif pour faire le bien. », affirme l’organisme. « En tant qu’entreprise, nous sommes une source de prospérité pour la communauté et nous nous efforçons de surmonter les obstacles systémiques à l’accès et à la participation aux activités de plein air. »
Le raisonnement de Judith Kasiama est à la fois pragmatique et guidé par des valeurs. Ayant travaillé dans le secteur sans but lucratif, elle en connaît les forces, mais aussi les limites. « Être un organisme sans but lucratif m’impose des contraintes », explique-t-elle. « Cela limite ma capacité à en faire davantage pour ma communauté. Il y a des lois et des règlements. Tout doit être approuvé par un conseil d’administration et, surtout, je ne voulais pas miser sur la capacité des gens à faire du bénévolat.
Pour elle, le modèle à but lucratif est synonyme de rémunération équitable et de durabilité à long terme. « Je voulais payer les gens de ma communauté qui consacrent leur temps et leur expertise à mon entreprise », dit-elle.
Ce modèle offre également de la résilience face aux fluctuations économiques. Judith Kasiama souligne que lorsque les priorités des entreprises changent, en particulier en ce qui concerne la diversité, l’équité et l’inclusion, le financement des organisations peut être menacé. La structure de CTT est flexible, ce qui lui permet de s’adapter et de continuer à servir la communauté sans se fier uniquement aux subventions. Parallèlement, CTT continue d’offrir des bourses d’études et de l’aide financière. La sécurité financière est un élément essentiel de la sécurité communautaire, souvent négligé. « Nous sommes une entreprise à but lucratif, mais nous fonctionnons toujours comme un organisme à but non lucratif. »
De ce fait, l’entrepreneuriat fait partie intégrante du travail d’émancipation. Cette structure permet à CTT de soutenir des programmes d’accès au plein air, de rémunérer des leaders et des instructeurs et de bâtir un écosystème économique où les membres des communautés PANDC et LGBTQIA+ ne sont pas seulement des participants, mais aussi des décideurs et des professionnels de l’industrie du plein air.
Allier profits et communauté : La durabilité comme levier d’émancipation

L’un des aspects les plus mal compris de Colour the Trails est son modèle d’affaires. Beaucoup supposent que les organismes qui servent des communautés marginalisées « devraient » être des organismes sans but lucratif. CTT remet en question cette idée de manière intentionnelle.
« Nous croyons fermement qu’il n’est pas nécessaire d’être un organisme de bienfaisance ou un organisme sans but lucratif pour faire le bien. », affirme l’organisme. « En tant qu’entreprise, nous sommes une source de prospérité pour la communauté et nous nous efforçons de surmonter les obstacles systémiques à l’accès et à la participation aux activités de plein air. »
Le raisonnement de Judith Kasiama est à la fois pragmatique et guidé par des valeurs. Ayant travaillé dans le secteur sans but lucratif, elle en connaît les forces, mais aussi les limites. « Être un organisme sans but lucratif m’impose des contraintes », explique-t-elle. « Cela limite ma capacité à en faire davantage pour ma communauté. Il y a des lois et des règlements. Tout doit être approuvé par un conseil d’administration et, surtout, je ne voulais pas miser sur la capacité des gens à faire du bénévolat.
Pour elle, le modèle à but lucratif est synonyme de rémunération équitable et de durabilité à long terme. « Je voulais payer les gens de ma communauté qui consacrent leur temps et leur expertise à mon entreprise », dit-elle.
Ce modèle offre également de la résilience face aux fluctuations économiques. Judith Kasiama souligne que lorsque les priorités des entreprises changent, en particulier en ce qui concerne la diversité, l’équité et l’inclusion, le financement des organisations peut être menacé. La structure de CTT est flexible, ce qui lui permet de s’adapter et de continuer à servir la communauté sans se fier uniquement aux subventions. Parallèlement, CTT continue d’offrir des bourses d’études et de l’aide financière. La sécurité financière est un élément essentiel de la sécurité communautaire, souvent négligé. « Nous sommes une entreprise à but lucratif, mais nous fonctionnons toujours comme un organisme à but non lucratif. »
De ce fait, l’entrepreneuriat fait partie intégrante du travail d’émancipation. Cette structure permet à CTT de soutenir des programmes d’accès au plein air, de rémunérer des leaders et des instructeurs et de bâtir un écosystème économique où les membres des communautés PANDC et LGBTQIA+ ne sont pas seulement des participants, mais aussi des décideurs et des professionnels de l’industrie du plein air.
La communauté dans toute sa richesse
Colour the Trails ne fonctionne pas comme une hiérarchie, mais comme un cercle. Les membres de la communauté sont des participants, des collaborateurs, des mentors et des leaders. Les expériences sont créées ensemble et les relations se tissent au-delà des événements individuels.
Selon le rapport annuel, cette approche contribue à bâtir des communautés durables tout en favorisant le leadership et en répondant aux besoins locaux. CTT souligne que le travail d’émancipation consiste à bâtir un réseau capable de gérer les capitaux humains, naturels et financiers afin de répondre aux besoins actuels tout en préservant les ressources pour les générations futures.
Les voix des participants donnent vie à cette réalité. Un témoignage affirme : « Je ne peux pas décrire comment on se sent d’être entouré de la communauté de CTT. Nous avons tous des histoires et des parcours différents, mais je ne me suis jamais senti autant chez moi qu’avec cette communauté… Pendant quelques jours, je peux imaginer à quoi ressemblerait un monde meilleur, où l’appartenance a un véritable sens. »
Un autre participant, revenant sur une expérience d’escalade sur glace, raconte avoir commencé avec peu de confiance en soi et avoir progressivement trouvé du courage grâce au soutien du groupe. L’objectif n’était pas d’atteindre le sommet. C’était de s’encourager les uns les autres et de ne laisser personne derrière.
C’est une culture qui redéfinit qui peut se dire « athlétique » et ce qui constitue une réussite. Judith Kasiama se souvient d’une lettre d’une mentorée décrivant comment CTT ouvre des portes aux personnes qui ne sont pas généralement considérées comme sportives. CTT prône l’inclusion. Selon l’organisme, il suffit de bouger son corps pour participer. Même si on doit pousser son vélo pour grimper une côte, on a toujours sa place. Vous n’avez pas besoin d’avoir des performances incroyables pour mériter votre place.
La communauté dans toute sa richesse
Colour the Trails ne fonctionne pas comme une hiérarchie, mais comme un cercle. Les membres de la communauté sont des participants, des collaborateurs, des mentors et des leaders. Les expériences sont créées ensemble et les relations se tissent au-delà des événements individuels.
Selon le rapport annuel, cette approche contribue à bâtir des communautés durables tout en favorisant le leadership et en répondant aux besoins locaux. CTT souligne que le travail d’émancipation consiste à bâtir un réseau capable de gérer les capitaux humains, naturels et financiers afin de répondre aux besoins actuels tout en préservant les ressources pour les générations futures.
Les voix des participants donnent vie à cette réalité. Un témoignage affirme : « Je ne peux pas décrire comment on se sent d’être entouré de la communauté de CTT. Nous avons tous des histoires et des parcours différents, mais je ne me suis jamais senti autant chez moi qu’avec cette communauté… Pendant quelques jours, je peux imaginer à quoi ressemblerait un monde meilleur, où l’appartenance a un véritable sens. »
Un autre participant, revenant sur une expérience d’escalade sur glace, raconte avoir commencé avec peu de confiance en soi et avoir progressivement trouvé du courage grâce au soutien du groupe. L’objectif n’était pas d’atteindre le sommet. C’était de s’encourager les uns les autres et de ne laisser personne derrière.
C’est une culture qui redéfinit qui peut se dire « athlétique » et ce qui constitue une réussite. Judith Kasiama se souvient d’une lettre d’une mentorée décrivant comment CTT ouvre des portes aux personnes qui ne sont pas généralement considérées comme sportives. CTT prône l’inclusion. Selon l’organisme, il suffit de bouger son corps pour participer. Même si on doit pousser son vélo pour grimper une côte, on a toujours sa place. Vous n’avez pas besoin d’avoir des performances incroyables pour mériter votre place.
Des retombées mesurables, une portée nationale et des partenariats porteurs de sens

La croissance de Colour the Trails est mesurable et son influence est tangible.
En une seule année, l’organisme a organisé près de 75 événements répartis dans cinq chapitres, répondant ainsi à la demande de la communauté pour de nouveaux programmes et des environnements d’apprentissage plus sécuritaires. Des partenariats ont permis de remettre des bourses d’études et un soutien financier, afin que les barrières économiques ne freinent pas la participation, tout en assurant la pérennité et la croissance du travail de l’organisation.
Faits saillants des partenariats :
- Arc’teryx a présenté le court métrage de CTT intitulé I Am Because You Are dans le cadre d’une tournée nationale. Les recettes des projections à Vancouver et Toronto ont été réinvesties dans l’entreprise. Plus de 800 personnes ont découvert le travail de CTT grâce à ces projections et ont été accueillies par les communautés des différents chapitres.
- On Running, qui en est maintenant à sa troisième année de partenariat, soutient un programme de mentorat en course en sentier de 12 semaines combinant six sorties de groupe encadrées par des entraîneurs et six séances d’apprentissage en ligne. Depuis 2021, ce mentorat a soutenu plus de 55 personnes.
- Vail Resorts, par l’entremise du programme Epic Promise et de Never Ever Days, a appuyé des initiatives telles que « Black Joy on the Slopes », qui a accueilli 53 personnes noires, métissées et afroautochtones pour une journée de connexion et de célébration à Whistler Blackcomb..
- Le mentorat en vélo de montagne, qui en est à sa quatrième année, est soutenu par des partenariats. Ces derniers financent des cliniques, des locations subventionnées, des ateliers d’entretien, un programme de location avec option d’achat et des journées de randonnée qui redonnent aux associations locales. Le programme a soutenu plus de 55 mentorés PANDC et continue de croître, notamment grâce à des partenariats visant à soutenir l’achat d’un premier vélo et à explorer la croissance future du vélo de gravier.
Colour the Trails dit vouloir s’éloigner intentionnellement des commandites traditionnelles pour se diriger vers un modèle d’investisseurs communautaires, qui met l’accent sur des objectifs communs à long terme plutôt que sur une visibilité à court terme. Le principe est clair : à mesure que le profil démographique des adeptes du plein air évolue, les partenaires ont l’occasion d’investir dans un avenir plus inclusif, tout en contribuant directement au bien-être, au leadership et à l’accès dans la communauté.
L’approche de Judith Kasiama en matière de partenariats repose sur les relations, le réalisme et la responsabilité. « J’essaie toujours d’agir avec humilité », dit-elle. « Derrière une marque, il y a des humains. » Elle privilégie la rétroaction honnête et la collaboration à long terme plutôt qu’à la perfection. «Maintenant que je sais mieux, je fais mieux.», ajoute-t-elle en citant Maya Angelou. L’objectif n’est pas d’exiger que les marques résolvent tous les problèmes systémiques, mais de trouver des partenaires prêts à travailler aux côtés de la communauté et à aider à construire des espaces extérieurs plus sécuritaires et accueillants.
Des retombées mesurables, une portée nationale et des partenariats porteurs de sens

La croissance de Colour the Trails est mesurable et son influence est tangible.
En une seule année, l’organisme a organisé près de 75 événements répartis dans cinq chapitres, répondant ainsi à la demande de la communauté pour de nouveaux programmes et des environnements d’apprentissage plus sécuritaires. Des partenariats ont permis de remettre des bourses d’études et un soutien financier, afin que les barrières économiques ne freinent pas la participation, tout en assurant la pérennité et la croissance du travail de l’organisation.
Faits saillants des partenariats :
- Arc’teryx a présenté le court métrage de CTT intitulé I Am Because You Are dans le cadre d’une tournée nationale. Les recettes des projections à Vancouver et Toronto ont été réinvesties dans l’entreprise. Plus de 800 personnes ont découvert le travail de CTT grâce à ces projections et ont été accueillies par les communautés des différents chapitres.
- On Running, qui en est maintenant à sa troisième année de partenariat, soutient un programme de mentorat en course en sentier de 12 semaines combinant six sorties de groupe encadrées par des entraîneurs et six séances d’apprentissage en ligne. Depuis 2021, ce mentorat a soutenu plus de 55 personnes.
- Vail Resorts, par l’entremise du programme Epic Promise et de Never Ever Days, a appuyé des initiatives telles que « Black Joy on the Slopes », qui a accueilli 53 personnes noires, métissées et afroautochtones pour une journée de connexion et de célébration à Whistler Blackcomb..
- Le mentorat en vélo de montagne, qui en est à sa quatrième année, est soutenu par des partenariats. Ces derniers financent des cliniques, des locations subventionnées, des ateliers d’entretien, un programme de location avec option d’achat et des journées de randonnée qui redonnent aux associations locales. Le programme a soutenu plus de 55 mentorés PANDC et continue de croître, notamment grâce à des partenariats visant à soutenir l’achat d’un premier vélo et à explorer la croissance future du vélo de gravier.
Colour the Trails dit vouloir s’éloigner intentionnellement des commandites traditionnelles pour se diriger vers un modèle d’investisseurs communautaires, qui met l’accent sur des objectifs communs à long terme plutôt que sur une visibilité à court terme. Le principe est clair : à mesure que le profil démographique des adeptes du plein air évolue, les partenaires ont l’occasion d’investir dans un avenir plus inclusif, tout en contribuant directement au bien-être, au leadership et à l’accès dans la communauté.
L’approche de Judith Kasiama en matière de partenariats repose sur les relations, le réalisme et la responsabilité. « J’essaie toujours d’agir avec humilité », dit-elle. « Derrière une marque, il y a des humains. » Elle privilégie la rétroaction honnête et la collaboration à long terme plutôt qu’à la perfection. «Maintenant que je sais mieux, je fais mieux.», ajoute-t-elle en citant Maya Angelou. L’objectif n’est pas d’exiger que les marques résolvent tous les problèmes systémiques, mais de trouver des partenaires prêts à travailler aux côtés de la communauté et à aider à construire des espaces extérieurs plus sécuritaires et accueillants.
Un nouvel avenir pour le plein air au Canada

Colour the Trails n’influence pas uniquement les gens qui participent aux activités de plein air. L’entreprise influence aussi qui dirige ce milieu, qui enseigne les techniques, qui est représenté et qui peut vraiment s’épanouir.
Judith Kasiama imagine un avenir où la représentation ne se limite pas aux images, mais se retrouve aussi derrière l’objectif et dans les postes de direction (guides, instructeurs, photographes, cinéastes et professionnels du plein air dans diverses disciplines). Idéalement, elle espère que Colour the Trails deviendra moins nécessaire à mesure que la confiance et le sentiment d’appartenance s’améliorent. « Dans dix ans, j’espère que Colour the Trails n’existera pas vraiment, car les gens se sentiront à l’aise de pratiquer des activités en plein air et n’aurons pas vraiment besoin de nos services. »
Pour l’instant, il reste du chemin à faire.
Lorsqu’une personne participe à sa première expérience « Colour The Trails », Judith Kasiama souhaite qu’elle vive un moment à la fois tendre et touchant : « J’espère qu’elles se sentent les bienvenues, même si elles essaient quelque chose pour la première fois et qu’elles n’aiment pas ça. J’espère aussi qu’elles se diront qu’elles peuvent essayer de nouvelles choses malgré la peur. J’espère qu’elles se sentiront accomplies. »
À cet instant, les stéréotypes commencent à se dissiper, notamment ceux que les gens ont internalisés. « Ils arrivent en pensant “Je ne le fais pas à cause de ma race” », dit-elle. « Et ils repartent en se disant “J’ai essayé.” Peut-être qu'ils ont adoré. Peut-être qu'ils n'aiment pas le froid. Mais ils ont le droit de le découvrir. »
C’est notre nouvelle vision du plein air. Elle est ancrée dans l’équité et guidée par l’intendance autochtone. Elle est soutenue par l’entrepreneuriat et renforcée par les partenariats. Mais surtout, elle est alimentée par des communautés qui ont toujours eu le droit de participer, même si l’histoire du plein air leur disait le contraire.
Un nouvel avenir pour le plein air au Canada

Colour the Trails n’influence pas uniquement les gens qui participent aux activités de plein air. L’entreprise influence aussi qui dirige ce milieu, qui enseigne les techniques, qui est représenté et qui peut vraiment s’épanouir.
Judith Kasiama imagine un avenir où la représentation ne se limite pas aux images, mais se retrouve aussi derrière l’objectif et dans les postes de direction (guides, instructeurs, photographes, cinéastes et professionnels du plein air dans diverses disciplines). Idéalement, elle espère que Colour the Trails deviendra moins nécessaire à mesure que la confiance et le sentiment d’appartenance s’améliorent. « Dans dix ans, j’espère que Colour the Trails n’existera pas vraiment, car les gens se sentiront à l’aise de pratiquer des activités en plein air et n’aurons pas vraiment besoin de nos services. »
Pour l’instant, il reste du chemin à faire.
Lorsqu’une personne participe à sa première expérience « Colour The Trails », Judith Kasiama souhaite qu’elle vive un moment à la fois tendre et touchant : « J’espère qu’elles se sentent les bienvenues, même si elles essaient quelque chose pour la première fois et qu’elles n’aiment pas ça. J’espère aussi qu’elles se diront qu’elles peuvent essayer de nouvelles choses malgré la peur. J’espère qu’elles se sentiront accomplies. »
À cet instant, les stéréotypes commencent à se dissiper, notamment ceux que les gens ont internalisés. « Ils arrivent en pensant “Je ne le fais pas à cause de ma race” », dit-elle. « Et ils repartent en se disant “J’ai essayé.” Peut-être qu'ils ont adoré. Peut-être qu'ils n'aiment pas le froid. Mais ils ont le droit de le découvrir. »
C’est notre nouvelle vision du plein air. Elle est ancrée dans l’équité et guidée par l’intendance autochtone. Elle est soutenue par l’entrepreneuriat et renforcée par les partenariats. Mais surtout, elle est alimentée par des communautés qui ont toujours eu le droit de participer, même si l’histoire du plein air leur disait le contraire.
